Blog de Gabriel Jaccard

  • Pierre Maudet condamné - un avis sur la prochaine élection au Conseil d'Etat

    On ne peut être que satisfait de cette condamnation et de l'accomplissement de la justice.

    A titre personnel, je ne voterai pas pour un homme qui gagne plus de cinq fois le salaire moyen et accepte encore des avantages de la sorte. Cette faute est inacceptable a fortiori pour un prétendu grand politicien.

    Au-delà des qualités de l'homme et des accomplissements politiques passés qui lui resteront toujours, je peine à comprendre comment quiconque peut voir en Pierre Maudet et après tant d'indignité l'homme politique - supposé irremplaçable - du futur, voir le représentant de la Genève en temps de crise.

    Quand on a vraiment les intérêts de Genève à coeur, on lui sacrifie ses intérêts personnels et sa petite carrière si nécessaire. A défaut, tout n'est que mensonge, magouille et irrespect.

     

    Votez pour n'importe qui au Conseil d'Etat, mais ne votez pas pour lui.

     

  • Blockchain & Genève, que font les Politiques?

    Depuis plusieurs semaines, les cours des cryptomonnaies s'affolent. Plus que les chiffres, ces deux images ci-dessous illustrent bien ce regain d'engouement du public et des acteurs institutionnels face à la "peur de rater l'opportunité" ou "fear of missing out" (FOMO) vis-à-vis des investissements aux potentiels retours paraboliques. 

     

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    Recherche des mots "Buy crypto" sur Google

     

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    Recherche du mot "Bitcoin" sur Google

    L'adoubement des acteurs économiques vis-à-vis de la technologie

    Les blockchains et les cryptomonnaies suscitent de nombreux débats véhéments quant à leur utilité ou leur raison d'être (voir à ce sujet un récent débat sulfureux entre des avocats genevois). Il convient de respecter les arguments de chacun, et ceux des détracteurs en particuliers qui révèlent dans leur juste rôle de critique la vacuité parfois, la dangerosité souvent de certains projets blockchains.

    Si toute critique est recevable sans distinction, on relèvera de manière ingénue une fracture souvent nette entre les générations d'auteurs. A notre sens, cette fracture est exemplative du choc générationnel de la pensée libérale économique moderne. Mû par des réalités différentes, les discours s'entendent sans se comprendre, se croisent du regard sans se voir, prenant pour les un appui sur une vision de l'avenir qui pourrait être, et les autres sur le passé et ce qui a été jusqu'à présent.  

    En tout état de cause, il est indiscutable que le marché des cryptomonnaies, dont les évaluations offrent par ailleurs de nombreux points de comparaison avec la bulle spéculative d'internet de l'an 2000 (internet bubble), pèse aujourd'hui plus d'un trilliard de dollars en 12 années d'existence seulement.

    Ce chiffre apparaît comme relativement peu élevé en comparaison avec la capitalisation d'Apple (2 trilliards) ou du marché de l'or (10 trilliards). Ceci d'autant plus si l'on considère la force de l'idée proposée par la technologie blockchain, soit certifier grâce à des règles cryptographiques une information quelle qu'elle soit à l'échelle mondiale via un ordinateur international décentralisé. La blockchain possède en effet de nombreux cas d'applications dans quasi l'intégralité des industries existantes actuellement. A ce titre, en considérant la blockchain comme l'avènement d'une nouvelle industrie à part entière, par ex. comme le fût la téléphonie, il est aisé de voir que la marge de progression en terme de capitalisation reste colossale. 

    Ensuite, il convient de relever que beaucoup de gens croient en l'utilité de cette technologie suffisamment pour y dédier leurs ressources tant intellectuelles que financières. Par ailleurs, ces individus n'ont généralement pas le profile des idiots du village, mais bien plus celui de spécialiste. Parmi les promotteurs de la blockchain, on compte notamment le législateur fédéral suisse, qui a développé de façon assez inédite dans l'histoire de notre législation un pan entier du droit fédéral en faveur des registres distribués (Lex DLT). Cette addition place aujourd'hui la Suisse en tant que l'une des nations les plus avancées au monde en la matière (lien).

    De plus, l'honnêteté intellectuelle force tout un chacun à constater qu'un Bitcoin a concrètement une valeur aujourd'hui d'environ $50'000.-, que son essor a permis la création d'une industrie florissante de plusieurs milliers d'emplois dans le monde, et que Tesla a décidé d'utiliser le Bitcoin afin de se prémunir des risques monétaires liés aux dollars; notamment du fait de l'explosion du nombre de dollars en circulation depuis la crise covid-19 (35% de l'ensemble des dollars en circulation ont été imprimés cette année). Cette industrie n'est donc pas une lubie ou une chimère, mais revêt une utilité pratique qui ne devrait pas susciter un dédain de prime abord. Dans ce sens on renverra au texte du Filing SEC de Tesla : 

    "As part of the policy, we may invest a portion of such cash in certain specified alternative reserve assets. Thereafter, we invested an aggregate $1.50 billion in bitcoin under this policy. Moreover, we expect to begin accepting bitcoin as a form of payment for our products in the near future, subject to applicable laws and initially on a limited basis, which we may or may not liquidate upon receipt. Digital assets are considered indefinite-lived intangible assets under applicable accounting rules. Accordingly, any decrease in their fair values below our carrying values for such assets at any time subsequent to their acquisition will require us to recognize impairment charges, whereas we may make no upward revisions for any market price increases until a sale. As we currently intend to hold these assets long-term, these charges may negatively impact our profitability in the periods in which such impairments occur even if the overall market values of these assets increase" (Tesla, Source Filing SEC)

    Le support des milieux politiques suisses & internationaux

    De nombreux politiques ont fait le pas de soutenir le développement de l'écosystème des entreprises actives dans la blockchain. A l'international, on relèvera récemment les déclarations du maire de Miami ainsi que celles du candidat à la mairie de New York qui souhaitent tous deux faire de leurs villes des hubs mondiaux. 

    En Suisse, l'ancien Président de la Confédération Schneider-Ammann a soutenu encore très récemment bec et ongles l'industrie blockchain (lien). Au niveau cantonal, le leader suisse incontesté reste le canton de Zoug où le discours politique est suivi du geste pratique (lien). En définitive, on peut affirmer que l'écosystème blockchain suisse évolue aujoud'hui essentiellement sous l'influx de la suisse alémanique. Pour exemplifier l'absence romande, pas un seul professeur romand n'a participé à la mise en place de la Lex DLT, et les chiffres montrent que les cantons de Zürich et Zoug raflent la part du lion en terme d'installation de sociétés actives dans la blockchain. 

    A Genève, une "proposition de Motion blockchain Geneva" qui devrait être adressée au Grand Conseil, et rédigée par votre serviteur avant même l'arrivée du projet Libra (Diem) à Genève, a le potentiel de propulser notre ville à la première place des destinations suisses et mondiales favorables aux entreprises blockchain; et ceci au profit du rayonnement intellectuel de nos idéaux, de notre industrie, de nos citoyens, et de notre prospérité économique. 

    Pour conclure, nous rappellerons que la Suisse ne possède rien d'autre comme ressource que son esprit de pionnier. Après avoir observé au début du XXIème siècle la création de richesse et le pouvoir concentré par les sociétés américaines actives dans les technologies, il n'est plus l'heure de douter de l'essor gigantesque que prendra l'industrie de la blockchain dans les 20 prochaines années.

    Crédit photo:  André François McKenzie on Unsplash 

  • Un droit fondamental à l'intégrité numérique pour Genève

    Retrouvez-moi dans la TDG avec le Député Pierre Nicollier, le Président PLR cantonal Bertrand Reich et l'entrepreneuse Geneviève Morand défendre l'initiative PLR pour l'intégrité numérique!