Un avis sur la question de l’écologie et du libéralisme (1/2)

La tendance pour les questions écologiques pousse aujourd’hui les politiques à dévoiler - voir pour certain à révéler - leurs arguments sur le sujet. Récemment, le 22 juin 2019, le PLR diffusait sa prise de position en la matière, tandis que les figures de proue du Parti affirmaient haut et fort que l’écologie était « dans l’ADN » du Parti, et ceci à la surprise des médisants.

En effet, face à ces déclarations, d’aucuns se sont gaussés et ont criés à l’opportunisme d’un PLR en quêtes de voix électorales. Pourtant, force est de constater que la réalité est toute autre ! Aujourd’hui la base du Parti ainsi que l’opinion publique, notamment la jeunesse, appelle au soutien du combat écologiste. Ainsi, au lieu d’y voir un froid calcul, nous pensons bien plus qu’il faut reconnaître une réponse logique à un appel de la base.

Alors pourquoi cette méfiance ? Le PLR est-il fondamentalement anti-écolo’ ? Au sein de deux articles nous nous attèlerons à démontrer en quoi l’écologie a du sens chez les Libéraux.

Le mouvement écologique est-il un défi pour le libéralisme ?

Cette question peut s’entendre de deux façons. Premièrement, le combat écologique représente en soi un défi à surmonter ; il relève d’une tâche ardue car, en plus d’être une victoire de l’homme sur la nature, il vise notamment à renverser certains principes du système économique actuel. Secondement, l’écologie peut aussi apparaître comme une sorte de défiance envers le libéralisme, dans le sens où d’aucuns voient ces notions comme foncièrement incompatibles, notamment car les Libéraux sont souvent perçus comme les défenseurs à tout prix des milieux économiques. Selon nous, si l’écologie est pour sûr un défi en soi, la seconde interprétation relève d’un amalgame entre le libéralisme et son image colportée par ses détracteurs. Revenons un instant sur les tenants des deux notions qui nous intéressent.

D’une part, qu’est-ce que le libéralisme fondamentalement ? Le libéralisme est un mouvement politique complexe pluri-centenaire basé sur l’individu c’est-à-dire le « moi ». Il vise notamment à protéger les libertés de l’individu et à l’amélioration de son bien-être. Toutefois, cette notion ne le rend pas autocentré pour autant. En réalité, ce « moi » réflexif ne se conçoit qu’en relation avec la prise en considération d’un autre qui me ressemble. Partant, le cheminement de ce « moi » implique le « nous », c’est-à-dire une notion de groupe dont les intérêts sont communs. Enfin, on ne doit pas le confondre entièrement avec le libéralisme économique qui a notamment permis l’essor du capitalisme pendant la révolution industrielle.

D’autre part, qu’est-ce que l’écologie ? Lorsqu’on s’y penche, on observe que l’écologie, soit la science qui étudie l’écosystème des êtres et leurs interactions, est un sujet vertigineux tant il touche une multitude de secteurs. Partant, on peut dire qu’aujourd’hui les discussions sur son fond sont devenues un domaine d’experts où les néophytes ne peuvent pas s’improviser. D’un point de vue de l’opinion publique peu importe, même si on ne comprend pas le calcul on entend son résultat, soit la détérioration de l’habitat humain et du niveau de vie présent ou futur. Dès lors, on croit aujourd’hui à l’écologie comme un protestant pouvait croire en la religion à la réforme : si on est prêt à accepter quelques sacrosaintes idées, on se méfie toutefois des experts terrestres sur le sujet. A notre sens, l’adoption des enjeux écologiques par le public relève d’un constat individuel dont la motivation réside entre l’éthique et l’utilitarisme.

En définitive, on remarque que l’écologie fait sens pour un Libéral tant dans une optique individuelle que collective. L’écologie représente certes un défi quant au libéralisme économique mais il ressort comme fondamentalement compatible avec la pensée libérale. D’une part car l’écologie est bonne pour l’individu (le « moi ») car elle améliore voire évite la détérioration du bien-être individuel, ce qui devrait prévaloir sur la liberté économique d’autres individus, par exemple. Mais aussi car elle est nécessaire et bénéfique quant à l’intérêt de groupe (le « nous ») de ces individualités.

Sur une note plus personnelle, nous croyons au combat écologique. Toutefois, nous estimons que les discours de certains de ses protagonistes tombent parfois dans le totalitaire et l’utopie politique. En effet, il ne faut pas oublier qu’un champ de maïs transgénique a plus d’utilité pour l’homme du XXIème siècle et pour le maintien de notre civilisation que la même parcelle de terrain en forêt amazonienne ! En effet, la plupart des propositions politiques sur l’écologie ont, à notre avis, trop tendance à proposer de choisir entre un retour à l’âge de pierre ou des projets de rêve hippie dont personne ne veut vraiment.

 

Crédit image: https://www.instagram.com/laurentnaville/

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