Blog de Gabriel Jaccard : candidat au Municipal 2020 à Genève

  • Relations CH-UE: le point de rupture?

    On voit dans l'affaire du renouvellement des équivalences à quel point notre situation avec l'UE est précaire. Le lien de cette affaire se retrouve ici:

    https://www.tdg.ch/…/suisse-tente-garder-lev…/story/27869536 

    Les Autorités de Bruxelles n'hésitent pas à solennellement racketter la Suisse, dans un calme tout bonnement :

    S-C-A-N-D-A-L-E-U-X!

    Encore plus déplorable, la position de certains partis, Verts, PS (bien sûr), et même Vert-libéraux, qui souhaitent libérer la rançon "sans conditions".

    C'est ce qu'il s'appelle être piètre négociateur! Dommage...

    Si les partis suisses savaient encore se battre en phalange compacte vis-à-vis des oppresseurs au lieu de capituler séparément, alors on aurait peut-être une chance de lutter contre cette tyrannie-là!

    Gabriel Jaccard

    Image: Peinture de Karl Jauslin, 1889.

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  • Motion "Blockchain GVA", un pont entre politique, droit et blockchain

    La blockchain ou "registre distribué" (TRD) est une technologie permettant la mise en place d'une base de données aux caractéristiques particulièrement novatrices. Le phénomène, qui s'est illustré au travers de levées de fonds records (ICO), des cryptomonnaies (Bitcoin) ou de services comme les smart contracts (Ethereum) est déjà bien ancré malgré sa relative jeunesse: à peine 10 ans!

    La blockchain, une évolution à vive allure

    La Suisse avance sur cette thématique à toute vitesse. En effet, dernièrement le 11 septembre 2019, le Guide Stablecoin FINMA est sorti, faisant écho notamment au projet Facebook nommé "Libra", installé à Genève. De plus, on relèvera l'adoption par le Conseil fédéral du message le 27 novembre 2019, qui instaure la lex blockchain , soit la première adaptation du droit fédéral vis-à-vis de ce phénomène, ce qui n'est pas négligeable. 

    Au niveau des cantons, la suisse-allemande a su tirer très tôt son épingle du jeu dans ce domaine. Zoug, Schaffhouse, Zürich ont développés d'innombrables projets - dont notamment une identité digitale sur Ethereum à Zoug - et ont su se placer devant Genève qui est pourtant l'hôte d'organisations internationales  de l'internet traditionnel comme l'OMC, l'ITU ou l'OMPI. Si les discours politiques se montrent ouverts en Romandie, peu de pas concrets ou utiles ont pu être comptés jusqu'à présent.  

    La motion Blockchain GVA

    Je souhaite permettre à Genève de devenir un centre de connaissance de la TRD car cette technologie représente le ciment du futur de la mondialisation. Il s'agit de ne pas reproduire les erreurs du siècle dernier en laissant les technologies dans les mains des entrepreneurs américains, mais bien plus de reprendre les devant à l'occasion de l'évolution de l'internet post XXème siècle. Notre Cité se doit d'y prendre part! 

    Afin d'améliorer la situation à Genève, j'ai travaillé sur un panel de solution auprès de la formation politique des JLRG. Ces propositions seront proposés au sein d'une motion auprès du Grand Conseil genevois dans les prochains mois.

    Mon idée principale: 

    Créer un pont entre la technologie, le droit et la politique

    Les solutions proposées, dont je commenterai certaines ci-dessous sont les suivantes:

    1. Inclure le développement de la blockchain comme objectif de la stratégie numérique cantonale genevoise

    2. Une MàJ et une refonte du Guide ICO

    3. Une allocation de fonds pour la recherche et l’éducation

    4. Adapter et ouvrir les registres tenus par l’Etat

    5. Mettre en place un régime fiscal favorable pour certaines entreprises actives dans le développement de la blockchain

    6. Favoriser l’adoption de la blockchain dans la mesure rendue possible par l’Etat

    Dans le deuxième point, l'une des idées de la refonte vise notamment à faire de Genève un Safe Harbor pour les blockchain publiques.

    Il s’agirait de confirmer que la création d'un point d'attache légal en Suisse, au travers d'une fondation ou d'une personne morale fait naître une compétence juridictionnelle alternative dans notre pays et éventuellement sous notre droit, notamment pour les problèmes liés à la gouvernance ainsi qu'aux aspects techniques de l'infrastructure du système. En effet, la problématique des blockchain publique résulte que: le registre est localisé dans le monde entier (1), et que l'initiateur ne le contrôle généralement pas/plus après le déploiement dudit registre (2).

    Troisième point, il n'existe pas de pôle de compétences à Genève. Il est nécessaire de favoriser la mise en place de programmes de master accessibles pour former des chercheurs, de futurs travailleurs ainsi que des entrepreneurs.

    Quatrième point, aujourd'hui des actions de sociétés sous formes de jetons digitaux existent d'ores et déjà. Pourtant le Registre du Commerce n'est pas adapté à ces nouveaux titres. Une adaptation doit être menée.

    De plus, il conviendrait que les institutions comme la BCGE, à l'image de la BCN, crée des procédures d'onboarding pour les comptes en cryptomonnaies afin de pouvoir permettre la naissance d'une pratique légale ainsi qu'une généralisation pour les intermédiaires financiers privés.

    Cinquièmement, on peut regretter le peu d'aide apporter aux start-up spécialisées dans ce domaine. Mon avis est que ces contribuables justifient l'application d'un allègement fiscal. Premièrement, cet allègement serait de peu d'importance pour l'Etat car ces sociétés blockchain ne sont souvent pas fortunées, l'effort serait donc minime. Ensuite, l'utilisation des fonds levés par des ICOs sert le plus souvent principalement à payer locaux, travailleurs etc sur Genève, dont le montant de la facture revient déjà à cher aux entrepreneurs en Suisse. De plus, ces frais se présent à un moment de la vie de ces entreprises où celles-ci ont le plus besoin de ces fonds pour développer leur projet. Enfin, il s'agit de permettre un tremplin à l'innovation en investissant dans l'avenir et en créant un pôle de compétence ici, à Genève.

    Toutes les propositions n'ont pas été développées, mais le credo que je défends est simple:

    Si vous croyez comme moi au rayonnement de Genève, sortons-là du centre de l'Europe et mettons-là au centre du Monde!

    Gabriel Jaccard, candidat au Conseil Municipal Genève 2020. PhD candidate UNIGE. 

    Crédit photo @Laurent Naville: https://www.instagram.com/laurentnaville/

  • Les élus démissionnaires de la République de Genève

    A l'occasion des élections de 2019 du Conseil national & du Conseil des Etats, plusieurs candidats élus ont décidés après avoir obtenu des suffrages nécessaires de refuser leur mandat électif. Pour ne pas les citer, il s'agit de Jocelyne Haller (Ensemble à Gauche), Jean Burgemeister (Ensemble à Gauche), et plus récemment de Pierre Eckert (Vert).

    On peut aisément comprendre que, par principe, un candidat puisse exceptionnellement refuser le mandat attribué pour lequel il a fait campagne. Toutefois, il semble que la tactique devienne la norme chez certains partis de Gauche, coutumier du fait déjà en 2008. Bien que légal, le refus du mandat n'en reste pas moins contestable du point de vue démocratique, car il en résulte que des candidats inconnus, illégitimes, pour lesquels les électeurs n'ont pas votés, se retrouvent propulsés à des postes de pouvoirs pourtant destinés à d'autres.

    Il est dans l'ère du temps de parler de faute morale en politique. Mon opinion est que le comportement de ces politiciens revêt de cela, tant il est absolument déloyal vis-à-vis du processus électoral ainsi que de leurs propres électeurs.

    En effet, un électeur n'est pas mû par les infinis détails et imprécisions d'un programme futur hypothétique de parti, mais bien plus par des figures de proues au bénéfice de toute la visibilité médiatique. Au moment de remplir sa feuille, l'électeur se souviendra d'un nom déjà prononcé, d'un visage sur une affiche, éventuellement des idées que le candidat incarne, il pèsera le pour et le contre, et l'inscrira sur sa feuille en quelques coups de stylos satisfaits par le devoir accompli.

    Par conséquent, et a fortiori dans le cadre de ces dernières élections, le vote porte bien plus sur les qualités prêtées à un individu désigné plutôt que celles des autres membres de son parti. En briguant des postes qu'ils ne souhaitent pas, les candidats-élus effectuent un froid calcul politique au détriment de leurs propres électeurs. Ils monopolisent l'espace public et empêchent à terme certaines figures moins proéminentes de ressortir. 

    De manière générale, il faut regretter le nombre croissant de candidats jeunes ou vieux qui se présentent à une élection sans vouloir véritablement obtenir le mandat à la clé. En particuliers, lorsque le candidat ne vise qu'à obtenir un avantage stratégique pour ses coreligionnaires de parti, ou de la publicité pour soi, ou encore d'avantages de contacts relationnels, voir même dans le but parfois de combler un orgueil vaniteux.

    Présenter une candidature à un mandat politique est un engagement envers les citoyens tout autant qu'envers soi-même. Genève n'a pas besoin d'une poignée de célèbres candidats mis en tête d'affiche, seulement de politiciens honnêtes et loyaux qui ont la volonté d'accomplir leur mandat. 

     

    Photo by Brandi Ibrao on Unsplash

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